Désobéissons ! Aidons des sans-papiers !
Posté par npresponsable le 25 mars 2009
- Allez, un petit geste, quoi. Il suffit de recharger le portable d’un sans-papier ou de lui offrir un bol de soupe… Vous devenez ainsi un “aidant”, passible de 5 ans de prison et 30 000 € d’amende. Une dizaine d’associations, dont Emmaüs, relayant le message du film “Welcome”, lancent un appel à toutes les bonnes volontés. Et faut se bouger : le ministère de l’Immigration compte sur 5 500 arrestations cette année.
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« Si la solidarité est un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! » Exaspéré par les opérations policières et les gardes à vue de bénévoles aidant les sans-papiers, Emmaüs France, le mouvement créé par l’abbé Pierre, lance avec une dizaine d’autres organisations (RESF, le Secours catholique, la Cimade, le Gisti, etc.), une action nationale de désobéissance civile.
Le 8 avril prochain, devant les Palais de justice de toutes les grandes villes de France, les signataires de cet appel promettent de réunir 5 500 personnes ayant, un jour, aidé un homme ou une femme sans papiers. Ces affreux délinquants se constitueront prisonniers volontaires !
Pourquoi 5 500 ? Parce que c’est le chiffre officiel d’interpellations « d’aidants » – selon la terminologie officielle – fixé comme objectif au ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Vous avez du mal à croire que la loi de finances 2009 s’escrime à chiffrer le nombre d’interpellations de personnes ayant rechargé des portables de sans-papiers ou leur ayant donné un bol de soupe ? Reportez vous à l’annexe du projet de loi de finances 2009 – section « projets annuels de performances » (sic) – et vous trouverez les statistiques et prévisions du ministère de l’intérieur (voir document en annexe, p. 35) : 4 365 interpellations d’« aidants » réalisées en 2006… 4 504 en 2007… la « cible » pour 2011 étant fixée à plus de 5 500 !
En vertu de l'article 622-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers, on sait en effet que « toute personne ayant facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d'un étranger en France », ( les fameux « aidants », en question) risque cinq ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Depuis la sortie de Welcome, le film de Philippe Lioret qui a rouvert le débat sur ce « délit de solidarité », le nouveau ministre de l’immigration, Eric Besson, ne cesse de répéter que la police « traque les passeurs, pas les migrants ou ceux qui les aident ». Mais alors, pourquoi cet objectif officiel de 5 500 interpellations d’« aidants » ?
En juin 2003, dans une lettre aux associations de défense des étrangers, le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, écrivait qu’il n’avait « nullement l’intention de poursuivre celui de nos compatriotes qui tend la main à la personne en situation de détresse, quelle que soit sa situation au regard de la législation sur le séjour ». Chiche ?
La semaine dernière, après avoir vu le film de Philippe Lioret à l'Assemblée nationale, les députés socialistes ont déposé un texte pour supprimer ce « délit de solidarité ». Tout le monde voit bien que cette disposition de loi, prévue effectivement, à l’origine, pour sanctionner les passeurs et les réseaux organisés, est aujourd’hui appliquée de façon ubuesque.
Juridiquement, il suffirait d’ailleurs d’appliquer la directive européenne (CE n° 2002/90 du 28 novembre 2002) sur laquelle est appuyée la loi française. Le texte européen laisse en effet aux Etats la possibilité de ne pas sanctionner les proches d’un sans-papiers lorsque leur action a « pour but d'apporter une aide humanitaire à la personne concernée ».
« La liste est déjà longue des militants associatifs ou des citoyens ordinaires poursuivis pour avoir manifesté leur solidarité à l’égard de migrants privés du droit de séjour », conclut l’appel initié par Emmaüs France (dont l’ancien président, Martin Hirsch, est au gouvernement…) : « Demain, votre médecin sera-t-il interpellé pour avoir soigné un sans-papiers malade ? Ou l’instituteur de vos enfants inquiété pour avoir appris à lire à un enfant dont les parents sont en situation irrégulière ? »
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6 avril 2009 à 0:19
j’ai déja engagé des actions bénévoles pour accueillir des résidents sans papiers
8 avril 2009 à 9:42
Nous l’avons tous fait, soit au travers de formations dispensées, de renseignements fournis, de liens créés, de petits cafés fournis, etc.
Un peu d’humanité, s’il vous plait,mesdames et messieurs qui détenez le pouvoir…Mettez vous en conformité avec vos valeurs qui sont le plus souvent Chrétiennes…